J’ai une bonne nouvelle, tu es photogénique !

Photogénique est composé étymologiquement de deux parties qui signifient « engendrer » et « lumière ». Quelque chose de photogénique est donc quelque chose qui engendre de la lumière, qui la reflète, donc…tu es photogénique.

L’idée que quelqu’un puisse rendre d’avantage beau sur une photo qu’une autre personne ne me convainc pas du tout. Selon moi, nous sommes tous beau. Et d’ailleurs la beauté est un vaste sujet qui ne se discute pas vraiment, chacun ayant sa propre sensibilité.

Mais je peux comprendre ton point de vue. J’ai d’ailleurs eu le même pendant longtemps, bercée par les normes sociales, les préjugés à l’école, les mots au quotidien quant à mon physique. Je me suis longtemps battu contre mon corps, je l’ai détesté, je l’ai insulté, et je l’ai même maltraité.

Puis j’ai compris…

J’ai compris qu’il représentait ma maison pour toute la vie, qu’il me permettait de faire des choses extraordinaires allant de sentir une fleur à donner la vie.

J’ai compris que je méritais de l’aimer, que de dire que je l’aimais n’était pas un acte de narcissisme.

J’ai compris que bien que je ne corresponde pas aux mensurations des Miss France, cela ne faisait pas de moi quelqu’un d’anormal.

J’ai compris que les paroles avec lesquelles on me décrivait, et avec lesquelles on me décrit encore aujourd’hui ne sont que le reflet des propres complexes des personnes qui les utilisent.

Alors tu vas me dire..ouais…ok mais comment tu en es arrivé là, à vraiment intégrer tout ça, à vraiment le penser ?

Beaucoup de facteurs se sont entremêlés dans ma vie pour en arriver là ; lectures, rencontres, épreuves de la vie, méditations… mais aujourd’hui j’ai envie de vous parler d’un aspect en particulier et c’est la photographie de portrait.

Oui, parce que bien que mon endroit favori soit derrière l’objectif, j’ai appris et j’apprends encore beaucoup à être devant de temps en temps.

Cette histoire c’est celle de deux amies passionnées de photos qui s’amusaient tous les ans à faire un portrait l’une de l’autre. C’est celle de deux amies qui se retrouvaient dans un parc, souvent le même, et qui discutaient, rigolaient, chantaient, dansaient tout en prenant des photos. C’est des heures de temps à juste être soi sans filtre, à prendre le temps de vivre dans l’instant. C’est des moments de bienveillance où chacune n’était pas là pour juger l’autre, où chacune respectait la personne en face et lui donnait tout l’amour qu’elle méritait à travers ses photos. En fait, chacune laissait la place à l’autre d’exister.

Et vous savez quoi ? Ces portraits ils représentent tellement qui je suis au fond qu’ils m’ont bouleversé. Je ne m’en suis pas rendu compte sur le coup, il m’aura fallu beaucoup de recul mais aujourd’hui quand je les regarde, je l’ai chéri tellement. Ils m’ont permis de m’accepter telle que j’étais, de me rendre compte que j’avais de la valeur, que je n’étais pas cette personne que l’on me décrivait en parlant de moi. Que j’étais simplement moi.  

Ces portraits, ils ont eu l’effet d’un reflet, ils ont eu le pouvoir de me montrer à quoi je ressemblais en mettant des lunettes de la bienveillance.

Aujourd’hui, alors que j’ai appris à porter ces lunettes sur moi-même, j’ai envie de vous les prêter, juste un instant et qui sais ? Vous pourrez peut-être les porter un peu plus longtemps.

Partante ?

Naïf comme un enfant

On dit souvent d’un enfant qu’il est naïf, on lui répète « tu comprendras quand tu seras grand ». Mais je crois une chose, c’est que c’est plutôt nous qui avons tout à apprendre d’un enfant, un enfant est tout sauf naïf, il vient dans ce monde aussi pur que possible, avec un amour infini pour ce qui l’entoure (les autres et la nature), avec une soif de découverte infinie, et on ne peut pas en dire autant de tous les adultes. 

C’est en demandant à mes proches comment j’étais quand j’étais petite que j’ai découvert que j’étais à l’aube de retrouver cette petite fille après l’avoir « perdu » sous un tas de normes sociales et de pensées limitantes. En m’interessant de nouveau à mon histoire, j’apprenais que j’étais une petite fille calme et timide, que je préférais rester au calme à la maison et que je restais toujours intéressée par ce qui m’entourait. Mes grands-parents m’observaient toujours en train de penser à quelque chose et se demandaient bien à quoi je réfléchissais, à vrai dire, j’aimerais beaucoup le savoir aussi. Ils se souviennent aussi que je prenais beaucoup de plaisir à aller à la bibliothèque où je trouvais des livres, des disques et ça je me souviens n’avoir plus aucun intérêt pour ces choses jusqu’à l’âge de 20 ans…

Lorsqu’on est enfant, on est encore inconscient de la « vie d’adulte », les factures, le travail, les problèmes… mais pourquoi voulons-nous de cette vie d’adulte, pourquoi obstinons-nous à vouloir rentrer dans ce moule ? Surement, car ne pas l’être nous rend si différent, et la différence n’est pas la bienvenue dans notre société, elle est vite critiquée. Et si pourtant c’était le moyen de changer les choses ? Alors je voudrais redevenir aussi « naïf » qu’un enfant, m’émerveiller à chaque chose que je découvre, redécouvre, aimer véritablement chaque personne, ne pas avoir peur de sauter, de se salir dans la terre, ne pas avoir peur d’essayer quelque chose de nouveau, juste apprendre avec l’esprit d’un enfant. 

Retrouvons cet enfant intérieur et permettons aux futures générations de ne jamais le perdre de vue.